Dans ma petite vie de Brevet de Base, les choses les plus simples sont les meilleures. Je n'ai pu voler de l'été, pour plusieurs raisons ; avion indisponible, préoccupations diverses (fin du lycée et du bac, emménagement dans un appartement à Montpellier), Lan party qui m'a pris pas mal de mon temps (récit à venir !)... Mais hier soir, Etienne m'a proposé de partir faire un tour avec lui sur le DR400 160 chevaux de l'aéroclub, en vu d'un lâcher solo sur la groooossseeee bête (dernier avion disponible au club).
Célia étant chez moi, je lui propose de se joindre à nous. La dernière fois, Célia avait été malade, et le souvenir reste amer. Je compte bien lui faire oublier ça. Il fait plus beau que la dernière fois, malgré quelques cunimb assez haut, du vent dans les 20 nœuds. Le F-GEID (DR400-160) étant un avion puissant... il y a encore une place, qui ne restera pas vacante longtemps ; ma grand-mère (Clo) se joint à nous. Cool, j'ai mes sacs de sable les gars ! (Très légers ceci dis... moins de 100 kg à 2... Pfff, petites joueuses !).
Mais ce sera toujours ça ; un entraînement avec un avion un peu plus chargé que d'habitude, 160 chevaux dans le bec, sur une piste de 700 mètres. Je débute la prévol vers 17h45. Etienne reste au club pour valider le renouvellement de PPL qu'il vient de terminer avec un pilote, sur Castelnau. Mes passagères me suivent du regard, pendant que je vérifie les ailerons, le train, les volets... L'avion semble en bon état, et cela est rassurant puisqu'il sort tout juste de la grande visite.
Un parking bien rempli pour Narbonne...
Installation à bord ; "Tu ne marches que sur la bande noire, tu as une poignée ici... Attention la tête !". Brèves mais importantes explications sur les ceintures. Malheureusement pour Célia (encore une fois !), sa prise Jack est cassée... Les passagères sont prêtes.
Je débute mes check list, alors que le soleil descend de plus en plus sur l'horizon. Le DR400 a beaucoup volé aujourd'hui, il est chaud, et le démarrage est aisé quand l'on repense aux démarrages hivernaux, après une nuit dehors à -15°. Clef sur Both - Start. Brwoaaaaaaarrrrrrrrrrrr. Alors que le squelch de la radio s'enclenche, et que les premiers mots circulent entre nos 4 casques, je suis aux anges.
Sympa l'effet... Alors que je vérifie le réservoir, Etienne s'installe...
Narbonne, du F-ID, Bonjour
Narbonne, F-GEID, un DR400 au parking aéroclub, je roule au point d'arrêt piste 28 pour un vol à destination de Béziers puis retour, 1500 pieds max.
Je lâche le frein de parking. L'avion roule. Je dépasse les 2 Rallyes d'Action Communication (boîte basée sur Narbonne en été pour le tractage de banderoles), puis je longe la piste planeur jusqu'au seuil 28. Je profite de cette ligne droite pour effectuer mes vérifications ; les freins sont testés, la bille dans le bon sens, le directionnel / compas. Et puis le roulage se fait long, finalement. On a 700 mètres à remonter, face à La Clape, montagne qui peut paraître surprenante pour un passager.
Au point d'arrêt, j'effectue les essais moteurs. Il tourne comme une horloge. Après une dernière vérification du côté des passagers, je m'annonce sur la fréquence...
Narbonne, du F-ID, je m'aligne et je décolle piste 28.
Je prends soin de ne pas manger trop de piste. On est juste au bout, notre dérive dépasse presque sur le chemin de terre collé à la vigne. Directionnel au QFU, les pieds en bas par réflex, le frein lâché... Plein gaz.
La puissance est disponible, plus de 2500 tours. Le badin est actif, et pas d'alarme dans l'avion ; on continue. Je garde bien le manche en piqué, et j'essaye de garder l'axe. A 120 km/h, il est temps de décoller. "Rotation" résonne dans l'avion calme.
Je prends 140 km/h en monté, afin d'avoir le meilleur vario. possible pour éviter cette fameuse ligne à haute tension au seuil 10. Alors que je coupe la pompe et rentre le cran de volet, j'amorce mon virage vers la droite, tout en évitant le village de Coursan.
Le vol jusqu'à Béziers est très rapide. De l'ordre de 7 minutes, à 210 km/h, en évitant soigneusement La Clape. Le "seul" travail sur cette courte navigation est de gérer les radios... car on entre très vite dans la CTR de Béziers (sans grand danger réglementaire, vu que le sud de la CTR est en espace Golf), voire même dans la TMA de Montpellier si nous sommes à plus de 1500 ft.
Ma COM2 est réglé sur 123,500, et j'émet sur cette COM2. C'est la première fois que j'utilise les 2 COMS, c'est un bon entraînement ; je règle 127,52 sur la COM1, et je la passe en fréquence active à l'aide de la clef, en haut de la radio. Nous recevons à présent l'ATIS de Béziers : Information Fox, les vents du 220 pour 20 noeuds, et la 28 en service. Je désactive alors la COM1, et règle sur la COM2 (une vieille radio à fréquence unique : pas de fréquence stand-by disponible...) la fréquence 120,175 (Béziers Tour).
Béziers Tour, F-GEID, Bonjour, un DR400 4 personnes à bord en provenance de Narbonne et à destination de Narbonne, travers Alpha Delta 1500 ft, pour un toucher sur vos installations.
Le contrôleur m'attribue le transpondeur 5451. Je place le transpondeur sur Stand-By, le temps de régler mon code (afin d'éviter d'émettre un 7700 / 7600 / 7500... en réglant le code). C'est un vieux transpondeur, avec 2 gros boutons compliqués à tourner pour régler 5451. Puis je le repasse en "mode Charlie" comme on dit sur IVAO...
Nous sommes identifiés, et je dois rappeler en vue du terrain de Béziers. Chose faîte quelques minutes plus tard, après avoir slalomé entre les villages. Le contrôleur, sympa, me propose une vent arrière main gauche (comme on arrive par le sud). Je descends à 1000 ft. Et je m'intègre en vent arrière.
C'est alors que je remarque un problème sur l'avion. Jusque la, le trim semblait bien fonctionner. Mais en réduisant à 2000 tours/min pour préparer l'avion au toucher, je me retrouve vite en butée à cabrer. Et pourtant, le manche reste dur, et je dois franchement tirer pour garder une assiette en palier. Je le fais remarquer à Etienne, qui me confirme qu'il y a bel et bien un problème. Nous discutons rapidement pour voir s'il y aura un risque où non à l'atterrissage. Etienne pense que non. Malgré que le témoin nous montre une butée à cabrer, l'avion est en réalité trimé neutre/piqué. En ralentissant, en effet, le manche devient plus souple. Mais j'ai quand même une grosse appréhension. Etant un maniaque du trim, cela me gêne tout de même : j'ai envie de trimer l'avion à cabrer !
C'est alors que je remarque un problème sur l'avion. Jusque la, le trim semblait bien fonctionner. Mais en réduisant à 2000 tours/min pour préparer l'avion au toucher, je me retrouve vite en butée à cabrer. Et pourtant, le manche reste dur, et je dois franchement tirer pour garder une assiette en palier. Je le fais remarquer à Etienne, qui me confirme qu'il y a bel et bien un problème. Nous discutons rapidement pour voir s'il y aura un risque où non à l'atterrissage. Etienne pense que non. Malgré que le témoin nous montre une butée à cabrer, l'avion est en réalité trimé neutre/piqué. En ralentissant, en effet, le manche devient plus souple. Mais j'ai quand même une grosse appréhension. Etant un maniaque du trim, cela me gêne tout de même : j'ai envie de trimer l'avion à cabrer !
300 pieds... Je maintiens les 140 km/h, vitesse fortement majorée en raison du vent de travers/face que nous avons (18 noeuds d'après le contrôleur). J'arrive sur la zone habituelle de turbulence, vers 200 pieds. Je réduis un peu les gaz ; 135 km/h. Je vise le seuil, même si je compte manger autant de piste qui le faudra : je veux vérifier que le trim ne nous empêchera pas de poser à Narbonne, là ou la piste ne fait pas 2,2 kilomètres de long, et 45 mètres de large, bitumée. L'avion a un bon comportement. Je pose doucement, dans l'axe...
C'est rassurant pour le prochain atterrissage à Narbonne. Cet avion est vraiment puissant : même à 4, j'atteins en quelques secondes les 300 ft... puis les 1000. Célia me fait signe qu'elle ne va pas trop bien. Elle est malade. J'essaye de la rassurer en lui disant qu'on rentre sur Narbonne. Je prends 30° à gauche, pour rejoindre la côte. Généralement, ça bouge moins. Ca va mieux pour Célia... Quant à mamie Clo, elle s'éclate. Qu'est-ce que c'est bon de voir un passager sourire ! ;-).
On arrive vite sur AD, pour quitter la CTR de Béziers. Je contourne La Clape par le Nord, passe entre Sale d'Aude et Fleury, tout en discutant des vacances d'Etienne. Le pur bonheur... Je m'intègre en vent arrière 28 à Narbonne en contournant le village de Coursan. Nous sommes les derniers à voler ici, il est 18h30. L'approche impressionne un peu Célia et mamie Clo. Sur les montagnes, à 500 ft sol, en base rapprochée pour éviter Vinassan et surtout l'association idiote Rubrésus.
On voit bien l'incendie de la semaine dernière sur La Clape...
Vitesse toujours majorée, mais cette fois ci, il ne faut surtout pas manger de piste. Elle est très courte pour un DR400-160. Mais elle est en herbe, ce qui favorise le freinage.
300 pieds, je garde les 135 km/h. Je vise bien le seuil... Je passe le talus, et j'arrondis. On effleure doucement la piste avant de la quitter un cours instant. Puis de la retoucher plus franchement. Je garde la roulette avant bien levée, et après qu'elle soit retombée au sol, je freine doucement l'avion. Ouf, posé pas cassé. Je dégage la piste, et me gare doucement entre les 2 Rallyes publicitaires...
Un vol court, de 43 minutes, avec 3 personnes chères à mes yeux. Une brève navigation entre Narbonne et Béziers, un toucher sur une belle piste, et une approche et un atterrissage technique sur un aérodrome plus court. Un avion puissant, de 160 chevaux. Un magnifique ciel, une luminosité excellente. Et la liberté. Il me fallait ça pour avoir le moral au top. Les choses les plus simples sont les meilleures.





9 commentaire(s):
Hum, les chaussures de plage c'est sympa. Mais aussi dans le DR-400 ?
Sympa les bottes d'aviateur d'Ugo lol
Excellent, merci pour le partage Ugo ;o)
Que ces 43 minutes m'ont paru courtes!! Un pur bonheur de voler avec son petit-fils.J'ai seulement regretté que Célia ne soit pas aussi bien que moi.
Vivement un prochain vol.
Merci Ugo.
Merci pour la balade Ugo.
Hello Ugo,
Je voulais savoir... Tu es BB non ?
Parce qu'il me semblait falloir 20 hdv solo pour pouvoir emporter des passagers, alors comment as tu fais toi ?
Alix.
Suffit de lire pour avoir la réponse... Etienne est instructeur, donc en tant que BB tu peux prendre sans soucis des pax avec un FI à bord. Sinon, il me manque bien 9h solo pour l'emport de pax.
Je n'avais pas lu, c'est bien pour ça ;-))
Merci alors, même si tu m'avais donné un gros espoir...
Salut Ugo,
Les DR400 sont des avions sympa... nous à Pontarlier on a un 180 CV pour les voyages. Je me suis fait lâcher dessus il y a 3 semaines (en vue de la grande nav solo du PPL), non sans mal... la transition du C152 au DR400 à été pour moi difficile... jusqu'au déclic il y a 3 semaines, ou le dosage de l'arrondi qui m'a posé soucis pendant plusieurs semaines et venu d'un seul coup... (voir mon blog pour plus de détails ;-) ).
Bon courage pour ce lâcher. Tu verras, seul à bord sur ces machines, c'est de la balle ! Ça grimpe !
PS : j'espère que ton amie se ferra au vol... moi j'ai la chance d'en avoir une qui adore ça et qui n'as encore jamais été malade !
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