Ce séjour Lyonnais va se terminer en beauté... Après le vol en Tecnam, le local en DR400 et la longue nav avec le même avion... On passe aujourd'hui à la vitesse supérieure.
C'est une surprise pour moi, je ne sais pas où Aurélien m'emmène. Même si je reconnais vite le trajet de l'aéroport de Bron... Tout ce que je sais, c'est que l'on doit attendre un instructeur. Suspense...
Mais plus pour très longtemps. Aurélien me révèle vite la nature du vol d'aujourd'hui ; un petit tour en Cirrus SR20 (le F-HMAN)... Je vous laisse imaginer ma réaction.
Avant de continuer, je vais en profiter pour vous présenter un peu la machine d'aujourd'hui. Le F-HMAN est un Cirrus SR20 G2 GTS. Sorti en 2004, le F-HMAN a lui été construit en 2006. Il dispose d'un moteur IO-360-ES de chez Cont Motor (soit 200 chevaux dans le nez), et peut embarquer jusqu'à 4 personnes. Rayon d'action de 785 nautiques (soit 1400 kilomètres environ), il croise vers 160 noeuds (300 km/h environ). Il peut grimper jusqu'à 17 500 pieds (soit environ 2300 mètres) d'altitude. Le SR-20 est une nouvelle gamme d'avion légers, avec des performances excellentes, et plein d'innovations technologiques incroyables.
Tout d'abord, l'avion est entièrement construit en matériaux composites, et dispose ainsi d'un aérodynamisme excellent. Les instruments traditionnels sont remplacés par un "glass cockpit", c'est-à-dire de larges écrans couleurs. Le manche à balai du DR400 et le volant du Cessna sont remplacés par un mini-manche, placé sur le côté gauche du pilote (et à droite pour la place instructeur). La traditionnelle manette des gaz noire, accompagnée de la mixture rouge et du pas d'hélice bleu (pour les avions équipés) est remplacée par une monomanette qui simplifie largement la commande du moteur. L'avion est également équipé d'un parachute de cellule, facilement déclenchable en cas de problème (départ en vrille, panne...). Et bien entendu, c'est un avion certifié IFR... Bref, une véritable machine d'exception pour les longs voyages. Le confort à bord est excellent, entièrement cuir. L'ergonomie des sièges est sensationnelle. On est installé à bord comme dans un bon fauteuil de salon. Le repose coude permet de piloter sans avoir les bras dans le vide, ce qui permet de longs vols sans utiliser le Pilote Automatique... L'hélice est bien entendu une tripale magnifique, à la courbe bien étudiée... Le tout vaut dans les 185 000 €. Quant à l'heure de vol, forcément, elle aussi est de luxe... Compter entre 200 et 350 €/heure pour la gamme Cirrus (du SR20 G1 au G3...).
Le F-HMAN nous attend sur le parking...
Il a un look très particulier avec les portes ouvertes :-)
Un petit aperçu de l'intérieur tout confort...
Installation à bord ; Aurélien est en place arrière, Gérard, l'instructeur, devant à droite, et moi en place gauche. L'ergonomie de la cabine est juste sensationnelle. D'un confort exceptionnel, on est loin des sièges durs mal dessinés des DR400 ou des Cessna.
Gérard nous fait un petit briefing sur le Glass Cockpit, et sur l’équipement de l'avion. Il nous présente aussi le système de parachute, au-dessus de nos têtes. Les pages défilent sur les écrans... Ils ont pensé à tout. Pendant ce temps, les IRS s'alignent, comme sur les avions de ligne. Le compte à rebours nous dit que nous pourrons rouler dans 11 secondes...
La cabine est très bien insonorisée, et le moteur n'a aucun mal à tenir le ralenti. J'ai l'impression que l'avion roule tout seul au point d'arrêt... Un poil de manette des gaz, et c'est parti pour un roulage long mais fluide. On teste chacun les freins, à gauche et à droite. Les essais moteur au point d'arrêt se passent bien, alors qu'un Cessna 152 se pose. Après une petite attente de quelques minutes, nous sommes enfin autorisé à décoller.
On va pas tarder à tout allumer...
Alignement IRS...
Roulage...
Plein gaz, pieds en bas. Le Cirrus accélère vite sur la piste, et malgré un couple moteur qui se ressent, il n'est pas dur de le garder sur l'axe. Le mini-manche sur le côté permet une rotation douce, sans acoup. Le trim au pouce permet, pendant la montée, de trimer très facilement l'avion. Quel confort dans le pilotage... Les commandes répondent bien, rapidement, et les mouvements sur le mini-manche sont très intuitifs.
Virage à droite, on repasse verticale de Bron. On va dans le secteur sud pour faire un peu de mania. Gérard me fait même passer on top... Même si on ne peut pas dire que la couche soit très très soudée... Il est quand même rare pour un petit pilotaillon de passer au-dessus des nuages. Virages serrés, vol lent... Tout se passe bien. Le Cirrus est un vrai bijou. Je m'imagine très bien faire des longs vols dedans... Le Glass Cockpit, bourré d'outils et de gadget, permet un large panel de choses ; TCAS (Traffic Collision Avoidance System), pilote automatique, GPS, VOR / NDB / DME, ILS... Bref, faire de l'IFR avec ce genre de zinc doit être un pur bonheur.
Gérard reprend le manche pour nous faire un huit paresseux... Wow, cette manoeuvre est excellente ! Gérard prend une assiette à cabrer... Puis, il incline le manche à gauche, pour faire un virage serré. L'inclinaison est impressionnante... Le capot passe bien en-dessous de l'horizon, et en haut du 8, on ne ressent quasiment plus notre poids (l'histoire de 0 G, tout ça tout ça...). La vitesse remonte assez vite, et vers la VNO, Gérard effectue une ressource souple... Et c'est reparti pour une montée, virage, etc...
Le Cirrus, malgré quelques limitations (au niveau de la vrille justement... d'où la présence du parachute), a une maniabilité incroyable. Je reprends les commandes, et on rentre sur Bron... (L'horamètre tourne !).
Déjà l'heure de rentrer...
Le contrôleur nous demande de maintenir une vitesse élevée. Un Beech derrière nous arrive en IFR, et si on ne veut pas faire des 360° d'attente, va falloir accélérer. Gérard me propose donc de garder l'avion jusqu'à la mi-finale, puis il ralentira l'avion à sa manière (la feu-PTS... Un coup à gauche, un coup à droite... pour ralentir), et je récupérerai l'avion en courte. Je suis Ok pour cela.
Après les virages successifs pour ralentir, quelques alarmes résonnent dans le cockpit.
"Pull up ! Sink rate..."
L'arrondi n'est pas évident. N'ayant pas mes repères habituels, je cogne franchement la piste. On dégage vite cette dernière, le Beech 200 n'étant plus très loin.
36 minutes de vol magnifiques, à bord d'une machine de rêve... Un instructeur très pédagogue et passionnant. Que dire de plus... A part un Merci infini (équivalent à la beauté du Cirrus) à Aurélien pour ce cadeau...!
A voir en HD sur Vimeo : http://vimeo.com/33067042
1 commentaire(s):
C'était aussi mon baptème de Cirrus ! C'était moins une, après cette annulation de la veille et ton train quelques heures plus tard... Mais oufff, l'essentiel c'est qu'on ait goûté à ce magnifique Cirrus SR20... Ahhhh, si j'avais les moyens de me payer quelques heures dessus...
Rêvons, rêvons...
Aurélien
Enregistrer un commentaire
Pour enregistrer un commentaire, écrivez le dans le champ ci-dessous.
Puis, choisissez "Nom/URL" dans le menu déroulant en-dessous du champ texte (en face de "Commentaire :"). Indiquez alors votre nom dans la petite fenêtre qui est apparue, et si vous disposez d'un blog ou d'un site, entrez l'adresse dans le champ "URL". Puis, cliquez sur "Continuer". Pour valider le commentaire, cliquez sur "Publier un commentaire" !
Je vous remercie par avance pour ce commentaire, et je ne manquerai pas de vous répondre ici ou sur votre blog si vous en avez un.