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mercredi 14 décembre 2011

Premier vol sur Montpellier

Reprise des vols, aujourd'hui, à 08h00. J'ai rendez-vous avec Gérard, à l'aéroclub de Montpellier. Comme à mes débuts, je suis tout excité de voler. Nouvel aéroclub, nouvel instructeur, nouvel avion, nouveau terrain... Tout change. Et c'est tant mieux.

Jusqu'à présent, j'ai toujours volé sur de petits terrains, sans trop d'activité (Narbonne était le summum... J'étais seul sur le terrain à chaque fois que je prenais l'avion). Aujourd'hui, je commence le vol sur Montpellier Méditerranée (LFMT), aéroport international s'iouplait ! Deux pistes parallèles, l'une de 1100x30 mètres, l'autre de 2600x50, toutes deux bitumées. Plusieurs écoles de pilotage sont basées ici, et je vais vous les présenter très succinctement :

- La fameuse ENAC (Ecole Nationale de l'Aviation Civile) dispose d'un centre de formation SEFA (Service d'Exploitation de la Formation Aéronautique) sur Montpellier Méditerranée. Cela engendre des trafics tant VFR qu'IFR. Ils exploitent des Socata Tobago TB10 et TB20 (avion monomoteur, train rentrant et pas variable), des Beechcraft Baron 58 et des Diamond DA-42 (avions bimoteurs). Leur parking, situé non loin du parking de notre aéroclub, est visible sur la droite après l'entrée de l'aéroport.

- L'école privée ESMA (Ecole Supérieure des Métiers de l'Aéronautique), disposant du premier parking sur la droite. DA20, DA40, DA42... Cela génère un trafic très important autour de l'aéroport, avec beaucoup de phraséologie anglaise du fait des promos Vietnamiennes et Chinoises.

- La MAT (Méditerranée Air Training), école privée de formation pour pilote professionnel. Le hangar de la MAT est situé juste à gauche du parking de l'aéroclub.

Aérocampus et l'IFAM (Institut de Formation Aéronautique de Montpellier) sont aussi présents sur le terrain.

D'autres organismes sont basés sur Montpellier. La Sécurité Civile a bien sûr des avions et des hélicos, juste après le parking du deuxième aéroclub. En parlant d'aéroclub, ils sont au nombre de deux sur l'aéroport. L'Aéroclub de Montpellier (dont je suis maintenant membre), et l'Aéroclub de l'Hérault.

Qui dit gros aéroport, dit trafic commercial. Plusieurs compagnies posent leurs roues sur Montpellier.

- Air France, bien sûr, qui a quelques liaisons avec Montpellier : Paris Roissy, Paris Orly, Lyon et Nantes (au travers de Regional). Pendant la saison, d'autres destinations comme Ajaccio, Bastia et Rennes sont ouvertes.
- Ryanair vient avec ses fameux Boeing 737 bleus et jaunes. Charleroi Bruxelles, Francfort Hahn et Leeds Bradford sont desservis.
- EasyJet vous transporte de Montpellier à Londres Gatwick (et Luton pendant la saison).
- Transavia et Iberia ont quelques vols, vers Amsterdam et Madrid.
- D'autres compagnies ont été présentes ou le sont encore... Air Méditerranée et Air Algérie, vers Alger et Oran. Air Arabia Maroc, vers Casablanca. Climber Sterling, vers Copenhague.

Bref, il y a de l'avion de ligne qui tourne sur Montpellier. Au milieu de tout ce beau monde, il faut réussir à décoller et atterrir. La zone de Montpellier Méditerranée est très chargée, et c'est pour cela que la majorité de nos entraînement se passent en dehors (soit à l'ouest, soit à l'est, vers Montpellier Candillargues).

Pendant le briefing, Gérard m'explique un peu les us et coutumes de l'aéroport. Pour vous faciliter la compréhension, je vous mets ici la carte VAC du terrain. Veuillez noter cependant que la Mise à Jour de demain (15/12/2011) présente une nouveauté importante : les pistes deviennent les 30R/12L et 30L/12R au lieu de 31/13 !

Aujourd'hui, on décolle en 31... Vendredi, on décollera en 30 !


Nous décidons de faire le trajet suivant : Après le décollage, nous ferons route vers W (péage auto-routier de Saint Jean de Védas). Puis, au nord de W, nous ferons un petit peu de mania. Nous ferons ensuite route vers SW (cathédrale de Maguelone), et nous rentrerons sur Montpellier. Nous ferons alors un toucher, un tour de piste, puis un complet.

Je prends l'ATIS de Montpellier : Information Charlie, la piste 31L est fermée cause travaux (il n'y a donc que la piste principale d'ouverte). Les vents du 010° pour 5 noeuds. Visibilité supérieure à 10 km, broken (nuages fragmentés) à 2000 pieds, QNH 1015, QFE 1014. 7°C.

Pour mon premier vol sur Montpellier, j'aurai donc le plaisir de décoller et d'atterrir sur la grande piste.
Je remplis à présent l'intention de vol. Dans le champ Route, j'indique : W SW TDP. Et rien que ça suffira aux contrôleurs pour nous surveiller... 

Début de la pré-vol, dans le grand froid... La purge des réservoirs est OK, on brasse un peu le moteur qui n'a pas encore tourné ce matin. Le F-GOVL est notre avion pour aujourd'hui. Je débite les check-list, et puis, je contacte le sol de Montpellier.
Fox Victor Lima, roulez à l'automate par Sierra et Lima, rappelez à l'automate
Je suis ma carte sol pour ne pas me perdre... On longe d'abord la piste 30L/12R, jusqu'au bout du taxiway Sierra. Nous tournons ensuite sur Lima 1, on croise le cheminement des hélicos, et on s'arrête à l'automate. Gérard me montre le système pour faire le plein de l'avion (110 l, dont 2 inutilisables, pas de réservoir supplémentaire. Donc une autonomie de 4h). 

L'aéroport commence à s'engorger. Avec une seule piste, les petits avions des aéroclubs et de l'ESMA / ENAC doivent utiliser la même que les liners. 
L'A319 d'Air France est en train de rouler sur Tango, en route vers le point d'arrêt 30R. Derrière lui, le 737 de Ryanair. Derrière le 737, un Baron 58 du SEFA, et derrière le Baron 58, un Cessna 182 de surveillance autoroutière. Derrière nous, à l'automate également, un DA20 de l'Hérault (l'autre aéroclub). 

Je demande le roulage pour le point d'arrêt Victor, mais le contrôleur nous autorise d'abord à rouler numéro 4 au point d'arrêt Tango 1 (tout au bout de la piste). Je roule donc derrière le Cessna 182, le Baron 58 et le 737. Alors que je quitte Lima 3, l'A319 d'Air France effectue sa rotation, juste devant nous. Wooow...

Je continue le roulage, le 737 Ryanair s'aligne. Deux minutes d'attente, ce qui me laisse le temps d'arriver numéro 3 au point d'arrêt, et de contacter la tour de Montpellier sur 118,775. Le 737 met les gaz, alors qu'un DA40 de l'ESMA s'annonce pour un complet... Il atterrira derrière le 737 au décollage. Vu l'attente, Gérard me fait couper le moteur une fois les check-list point d'arrêt terminées. On est parti pour 10 minutes minimum d'attente... l'ATR de Regional arrivant de Lyon...

Derrière le DA40, c'est au tour du Baron 58 de s'aligner et décoller. Quelques minutes après, l'ATR s'annonce sur la fréquence au travers d'une belle voix féminine. Il touche aux plots, et le Cessna 182 s'aligne derrière. Juste après, c'est à nous... ouf !

A peine la voix du contrôleur annonce "Fox Victor Lima, autorisé dé..." que Gérard me fait signe de mettre les gaz. Je commence mon décollage, tout en collationnant l'autorisation. 

110 km/h, rotation. A 300 pieds, j'effectue ma check montée initiale, tout en passant sur l'autre fréquence tour de Montpellier, 118,200. On est autorisé à faire route vers W. A cause des nuages, nous restons vers 1800 ft, ce qui est suffisant pour la mania. 

Gérard me donne un peu les repères de la zone. Le château d'eau, dans l'axe 30L/12R (piste secondaire) sert de repère pour la procédure anti-bruit. Il faut passer à sa gauche. Je suis l'autoroute, jusqu'à reconnaître le péage de St Jean. Gérard me fait commencer par un 360° par la gauche... puis par la droite. Il me demande ensuite de faire 2 décrochages d'affilés, en lisse. 

Après l'évolution au nord de W, on fait route vers SW. On croise alors un DA42 à quelques centaines de pieds, en dessous de nous. Arrivé sur SW, je demande une intégration pour la 30R. Je suis autorisé à rentrer directement en base main gauche, ce qui est rarissime lorsque la piste secondaire est ouverte (si on veut vraiment poser sur la piste principale, il faut faire une verticale terrain, et intégrer en vent arrière...). Généralement, on se pose sur la principale lorsqu'on veut faire de l'essence au retour. Sinon, on se pose en secondaire, m'explique Gérard. 

Je suis en base, j'amorce ma descente. La piste est très grande et large... Il y a moins de suspens que sur les 600 mètres en herbe de Narbonne. Le contrôleur me dit alors : "Fox Victor Lima, appelez moi sur 118,775". Il faut repasser sur l'autre fréquence tour de Montpellier...

Premier atterrissage assez bon, aux plots et dans l'axe. Gérard m'encourage en me disant que c'est bien, mais que je peux encore lever un peu plus le nez. On repart pour un tour de piste. Virage à droite à 500 pieds, un A320 d'Air France appelle la tour. Il est autorisé à atterrir, après une approche à vue qui a du être très plaisante. Cependant, le pilote fait remarquer aux contrôleurs que l'ATIS doit comporter des erreurs, car a 1500 pieds sur la mer, il y avait encore de la brume. En rigolant, le pilote dit que c'est toujours pareil dans le Sud, fait jamais beau.

Je m'attends à prolonger la vent arrière. Le contrôleur me demande de rappeler en vue de l'A320. 

Il me semble bien n'avoir jamais dit à la fréquence : "On a le visuel sur l'A320, Fox Victor Lima". Un DR400, 120 chevaux, 2 passagers, croisant à 200 km/h, a en vue un liner avec 120 personnes à bord, deux réacteurs CFM-56, croisant à plus de 800 km/h. M'en fou, moi aussi j'ai ma place sur la 30R ! :-).

Le contrôleur me demande alors de rappeler en base, et de faire attention aux turbulences de sillage. Gérard m'explique alors qu'il est important de voir où pose l'avion précédent, pour savoir s'il était sur un plan bas ou haut. L'image est ici magnifique, et je regrette de ne pas avoir de caméra branchée... En vent arrière, à 1000 pieds, avec une luminosité magnifique, on observe un A320 de face, à quelques nautiques de nous, en train d'atterrir. Gérard se permet de commenter l'atterrissage (bon, lui, il a le droit... ayant formé pas mal d'EPL pendant des années !). "Il a posé avant les plots, la turbulence sera donc basse, regarde bien l'étang on va la voir descendre". 

Et en effet, sur l'étang, les vagues se créent quelques secondes après le passage du liner. Sans vent, les turbulences de sillages restent "longtemps" dans l'axe de piste. Gérard me demande donc de garder un plan assez haut, au risque sinon de se faire secouer. 

Je vire en finale, alors que l'A320 dégage par W1. Deuxième cran de volets sortis, j'approche à 120 km/h de la piste. 

Début de l'arrondi, Gérard répète dans le micro "vas-y travaille le ! travaille le !"... J'arrondis encore un peu plus qu'au premier atterrissage... Nickel ! Ca fait du bien de retrouver les sensations de vol sur DR400... :-).

Je dégage par V, et on appelle le sol pour rouler au club. A ce moment là, un DA42 de l'ESMA demande le roulage pour la 30R... Généralement, les contrôleurs le feraient rouler jusqu'au bout du taxiway S, où il se serait rangé pour nous laisser passer... Mais là, le contrôleur lui demande de maintenir au parking. Par la même occasion, il nous demande d'expédier le roulage.

Sans aucun doute, je n'avais jamais roulé aussi vite sur un taxiway... D'ailleurs, c'est bien trop vite... Heureusement, ce n'est que de la ligne droite, et bien avant le virage de Lima vers Sierra, je coupe les gaz pour finir avec la force d'inertie que l'on a accumulé. Je dois même freiner un peu. Puis je ré-accélère, pour croiser le DA42 au niveau de l'entrée de notre parking aéroclub. 

55 minutes de vol, une très bonne reprise en main... Le programme pour Vendredi, date de mon prochain vol, est le suivant : Départ vers l'est, découverte des points NC, NE, GM... Et des tours de piste sur Candillargues. L'important est de bien travailler les procédures de transit entre Montpellier Méditerranée et Montpellier Candillargues, ce dernier étant dans une classe G débutant à quelques mètres de ses pistes... Donc dès le décollage, il faut obtenir une clairance d'entrée dans la CTR de Montpellier. Ca promet un vol sympa !

Merci pour votre fidélité, et... à vendredi !

(PS : J'ai enfin un bel appareil photo, un Nikon D5000 avec un objectif 18-105... Dès que je serai un peu plus à l'aise sur Montpellier, je l'embarquerai en vol... tout comme la caméra ;-) Mes récits seront un peu plus illustrés !)

Quelques essais avec le D5000, de la fenêtre de la chambre... La visibilité a un peu diminué dans l'aprèm, après le vol.

3 commentaire(s):

Yoyo a dit…

Un DR400, 120 chevaux, croisant à 260 km/h ?
Tu mets quoi dans l'essence ? :D :D

Yoyo (en vacances, c'est bon ça !)

Clément a dit…

Salut, sympa ce récit ;-) .

Effectivement, c'est sympa les atteros sur les grosses plateformes, j'ai déjà fait une finale entre un 737 et un 320, c'est bien sympa (d'ailleurs le contrôle nous à fait remettre les gaz pour pas obliger le 320 à le faire, donc on à eu droite à une deuxième approche ;-) ).

Il y a une "procédure" particulière pour arrêter le moteur au point d'arrêt ? Je veux dire comment faites vous pour être certain de n'avoir oublié aucun élément "vital" à l'issue de la remise en route (au hasard avoir bien remis les magnétos sur both puisque sur DR400 la mise en route se fait sur sur une seule magnéto) ? Tu redéroules une check ? Laquelle ? Juste celle après mise en route ?

PS : j'ai eu des nouvelles d'AF vendredi, et j'ai ma date de VM et ma date de stage (fin avril, mais je me demande si ça ne tombe pas pendant mes partiels, je n'ai pas encore les dates exactes... je vais essayer de voir ça avec AF lundi ;-) ).

Ugo a dit…

Merci pour vos commentaires messieurs :-).

@ Yoyo : Oui, en effet, belle faute de frappe... J'ai déjà du mal à dépasser 200 km/h alors... :-(

@ Clément : En fait, je pense que ce n'est pas vraiment réglementaire de couper le moteur au point d'arrêt :-). Dans le cas du récit (numéro 4 au point d'arrêt + 3 atterrissages), c'est clair que laisser tourner le moteur pendant 15 / 20 minutes sans bouger, ça fait mal au porte-monnaie. J'ai la chance d'avoir un instru qui accorde beaucoup d'importance à mes finances (c'est rare !)... En gros, on a tiré la mixture, coupé les magnétos et l'alternateur... Puis quand on a redémarré : magnéto sur L, démarreur... Puis clef sur Both + Alternateur. Il n'y a pas grand chose à faire... De toute façon, avant le décollage, on refait un check : batterie + alternateur, clef sur both, mixture plein riche, réchauffe carbu poussée... etc.

Je suis content pour toi ! Ca avance bien chez AF :-). Si tu as des questions sur la VAM/VMT ou le reste, n'hésite pas !

Ugo.

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